La réputation de Gerd Janson n’est plus à faire. Ses sets d’une efficacité redoutable, ses résidences au Robert Johnson à Francfort ou encore les sorties de son prestigieux label Running Back ont fait de l’allemand une figure incontestée de la dance music. Il est pourtant difficile de parler de vocation tant l’esthète a pendant longtemps écarté la perspective de passer de l’autre côté du DJ booth.
Gerd Janson grandit à Darmstadt, petite ville située dans le sud-ouest de l’Allemagne, et à l’époque il est plus intéressé par le cinéma que par le monde de la musique.
Les goûts musicaux de ses parents ne l’aident pas franchement non plus, de son propre aveu : « Je suis toujours surpris par les goûts musicaux absolument atroces qu’ont encore mes parents aujourd’hui. »
Cela ne l’empêche pas de développer sa propre culture musicale, même s’il est plus proche des standards pop/rock de l’époque comme Run DMC, Iron Maiden et AC/DC que de la culture techno. Il faudra attendre un voyage de scouts et la découverte d’une mixtape de Sven Väth pour que le jeune Gerd soit frappé par la fièvre électronique.
Alors qu’il est encore mineur, sa curiosité l’amène à fréquenter les clubs de la région et à multiplier les allers-retours à Francfort pour garnir sa collection de disques. Il se rend notamment au Milk Club de Mannheim, célèbre fief de la jungle, et y traîne souvent jusqu’au petit matin pour écouter les tracks house du moment en provenance des USA.
Après un service national effectué comme secouriste ambulancier pendant un an pour la croix rouge allemande, ce passionné de littérature américaine prend une voie plutôt académique et passe un diplôme en études américaines, sciences politiques et histoire.
Sa passion pour la musique n’étant jamais bien loin, il devient journaliste spécialisé et écrit pour Groove Magazine et Spex. Il y voit une manière de contribuer à cette culture en ayant toujours une approche de fan boy.
Gerd Janson préfère le journalisme au DJing, mais son assiduité en club et les encouragements de ses amis vont le pousser à changer d’avis, avec le succès qu’on lui connaît. Il organise les soirées Liquid au Robert Johnson, squatte le Panorama Bar de Berlin et tourne dans les meilleurs festivals du monde. Il est également à la tête du label Running Back qui s’illustre en signant des tracks et EPs de KiNK, Theo Parrish ou encore Move D pour ne citer qu’eux.
Très humble, il se considère davantage comme un « club kid » devenu DJ plutôt qu’un musicien à part entière. Gerd Janson a pourtant su imposer sa patte, à la confluence du disco et de la house, au point d’être aujourd’hui une figure majeure d’une scène qui se veut de plus en plus éclectique.
Rédacteur:
Aloïs Veteau